Aujourd'hui, nous avons eu envie d'avoir le point de vue de quelques unes des vigneronnes de la Contre-Etiquette sur le fait d'être une femme dans le monde de la viticulture. Est-ce plus difficile? Les vignerons sont-ils des machos? Comment devient-on vigneronne?
Pour cela, nous leur avons posé ces 4 questions:
1 - Quel est votre parcours? Comment vous est venue l'envie et comment êtes-vous devenue vigneronne?
2 - Le milieu du vin vous semble-t-il macho? Est-ce plus difficile pour une femme?
3 - Pensez-vous que les vins élaborés par des femmes ont une particularité? Dans la conception d'un vin, une vigneronne possède-t-elle un petit plus, une sensibilité particulière, que ne possèdent pas ses collègues masculins?
4 - Parmi vos vins, lequel recommandez-vous plus particulièrement à votre clientèle féminine?
Pour ouvrir le bal, laissons la parole à Laure Dozon, du Domaine Dozon (Vallée de la Loire)
1 - Suite à des études en agro-alimentaire et à une courte expérience en industrie agro-alimentaire, je suis revenue chez mes parents en sachant ce que je ne voulais plus faire sans trop savoir ce que je voulais vraiment.
La période des vendanges est
arrivée, j’ai donné un coup de main, dans la vigne à la vendange le
matin
et l’après-midi au chai. Suite à cette période j’ai réfléchi un peu
différemment et j’ai réalisé que j’aimais cette vie en relation
avec la terre, la vigne, la convivialité autour du vin et des rencontres
que
cela peut engendrer... Donc j’ai pris la décision de choisir cette
vie et le métier qui allait avec !!
Depuis je ne regrette rien, c’est effectivement une vie riche en activités diverses, de la culture de la vigne jusqu’à la commercialisation en passant par la transformation d’un fruit en vin… je ne m’ennuie jamais!!
2 - Je n’ai jamais été confrontée au machisme, j’ai toujours été bien accueillie et je suis parfaitement intégrée dans mon milieu professionnel (pour exemple je suis élue au conseil d’administration du syndicat des vins de Chinon, je suis présidente régionale des Vignerons Indépendants du Centre Val de Loire et vice-présidente au niveau national chez les VIF).
3 - Je crois surtout que chaque vin de vigneron reflète le caractère du vigneron, donc non, il n’y a pas de différence fondamentale entre un vin d’homme et de femme, mais oui il existe des différences entre chaque homme et chaque femme !!
Nous abordons peut être les
choses d’une façon moins technique, notre sensibilité est différente,
nous avons envie de transmettre un bon vin mais peut être aussi sommes
nous plus
attachées à l’atmosphère qui va entourer notre produit …
4 - Je recommanderai 2 cuvées très différentes :
- Le Rouge Plaisir, 2009 un Chinon
rouge léger, fruité. Il convient aux repas entre copines où on se fait
plaisir
tout simplement. Il s’accorde facilement avec des repas simples sans
prétention et il apporte de la gaieté.
- Laure et le loup, 2006, il s’agit
d’une sélection des plus vieilles vignes du domaine (plus de 60 ans) sur
des terroirs de coteaux argilo-siliceux. C’est un vin riche, puissant,
avec beaucoup de profondeur et d’élégance. Il est à la fois plein et
velouté en bouche. Il enrobe le palais sans l’agresser. Ce vin
s’accordera
avec une belle pièce de viande de qualité juste grillée ou rôtie (gigot
d’agneau,
rôti de bœuf, magret de canard).
Merci beaucoup à Laure, dont nous vous invitons à visiter le blog, et à qui vous pouvez rendre visite pour les journées portes ouvertes du domaine, jusqu'au 23 Mai!
(la parole à d'autres dames du vin dans les jours qui viennent)
Merci Iris! Je suis en effet tombé sur le livre que vous mentionnez en fouinant sur le net, mais je ne le connais pas. Vous recommandez?
Rédigé par : la Contre-Etiquette | 03 juin 2010 à 16:55
Bonne initiative - et bonnes réponses de Laure. Ségolène Lefèvre avait posé a peu près les même questions aux femme dans le vin pour son livre "Les femmes et l'amour du Vin" l'année dernière, où on peut lire leurs réponses.
Rédigé par : Iris | 21 mai 2010 à 10:40