En attendant la dégustation du 3 Juin consacrée aux vins corses en général et au Clos Nicrosi en particulier (en présence de Sébastien Luigi), Christophe se fait un plaisir de vous mettre l'eau à la bouche: "Il y a des vins qui vous
marquent de manière indélébile et d’autres qui passent
inaperçus…il en va de même pour les rencontres entre hommes ou
femmes, entre restaurateurs ou amateurs, entre insulaire expatrié
et « designeuse » européenne ou contrebassiste
comédienne usurpée par les fruits de mer….bref il y en a pour
tous les goûts ! Et cela doit se maintenir !"
"C’est d’ailleurs par
la grâce de ce « hasard objectif » si cher à André
Breton, que je me suis retrouvé en possession de trois millésimes
« en 8 » du Clos Nicrosi, l’un des fleurons historiques
de la viticulture Corse. Reconnu pour son vin « blanc de
blanc » depuis quelques générations, issu de Malvoisie
(Vermentinu), cépage blanc emblématique du pourtour méditerranéen,
il l’est devenu pour son admirable « Muscatellu » du
Cap Corse, un vin « muté » à partir de raisins
passerillés de muscat petits grains… un joyau !"
"Enfin, nous étions ce
soir là attablés chez moi car j’invitais cinq amateurs de vin
blanc, et particulièrement de vin corse, à une sorte de dégustation
où l’accord entre mets et vins était le point le plus important !
C’était une priorité pour moi car je réalisais ces plats, et je dégustais ces millésimes du Clos Nicrosi, pour
la première
"Puis je servais le second vin : un Clos Nicrosi 1998. Celui-ci se révéla comme l’intermédiaire parfait ! De superbes arômes de fleurs et fruits jaunes et blancs (pêche, coing, acacia, myrte, etc) surplombé de notes terpéniques (miel, ambre, cédrat) et d’embruns venteux et iodés émanaient des verres et laissaient en bouche un ressac de saveurs cohérentes et complexes qui s’accordèrent parfaitement avec le plat : filets de rouget Barbet truffés au bouillon de saté et sa purée de légumes oubliés, parsemée de filaments de poivron rouge. La texture ferme et goûtue du poisson alliée au fumet du bouillon, à l’exotisme du saté, et au caractère « terrien » des légumes et de la truffe s’émancipaient au contact du vin…on était bien ! Pour le troisième vin, un clos 1988, le vin était si fin, si complexe que seul un fromage, Corse bien sur, (une Tomme de brebis U’pecurinu, de Pierucci, pas trop affinée) saurait « l’alimenter » sans le maltraiter. L’un de mes hôtes s’était charger de l’offrande, et sans trop savoir pourquoi je demeurais serein…le fromage devait être, à mon humble avis, pas trop affiné, et sans « herbage »…le caractère « corsé » n’étant que peu recherché pour accompagner un vin de… vingt ans d’âge ! Le nectar était étonnamment frais, droit et pur. Figues, hydromel, arbousier et myrtes s’y concertaient avec subtilité, mais l’ambre et surtout la truffe blanche s’épanchaient sur qui voulait bien s’attendrir quelque temps au dessus du miroir crépusculaire qu’était devenu le nectar !" fois. Comme vous le savez peut-être, lors d’un
accord il vous faut d’abord déguster les vins pour savoir « où
ils en sont » et notamment s’il faut les carraffer ou non, mais aussi afin d’ajuster vos accords avec les plats choisis."
"Afin de pouvoir
participer au repas, il me fallait cuisiner des plats relativement
simples, qui ne demandent pas trop de travail, quitte à négliger
quelque peu leur présentation, malheureusement ! Le premier vin
du Clos était un « Blanc de Blanc » 2008 que je n’avais
pas dégusté depuis 6 mois minimum. Il avait donc changé !
L’extravagance des arômes primaires avait été occultée par la
rigueur et la densité de la texture qui prenait corps, mais qui
simultanément laissait émerger son caractère sauvage et minéral.
Le plat servi se composait de langoustines poêlées au sésame et
wasabi sur un lit de carottes colorées et de betterave, parfumées
d’une émulsion de vinaigre d’agave et de sirop de mandarine!"
"Nous sommes ensuite passés au dessert, une tarte aux fruits (un feuilleté aux abricots
et pistaches) en alliance parfaite avec le Muscatellu 1997, illustre millésime de vin moelleux et liquoreux qui commence à se patiner quelque peu d’effusions subtiles d’essences terpéniques et de nuances empyreumatiques (fruits secs, évolution de miel et coing, etc...) d’une très grande complexité au cœur d’une robe topaze et veloutée des plus aguichantes !!"
"Le muscat se faisant écho au parfum du café, celui-ci est venu, tout droit de Colombie, ponctuer cette soirée sous le signe d’un Clos finalement très ouvert et dont le mérite est d’avoir tenu le temps au sein d’une couleur (un grand Blanc !) et d’une appellation (l’AOC Corse) qui, soit disant ne résistent pas au Temps !"
"Vous aurez vous aussi, la chance de vous en rendre compte, lors de la soirée de dégustation du 03 juin, à la cave, car Sébastien Luigi, nous proposera une superbe et rare dégustation de ces cuvées agrémentées de fromages et charcuteries Corses….bien évidemment !"
Christophe Guitard, 17 Mai 2010