Plus connue pour ses fromages ou sa charcuterie que pour son vin, l'Auvergne renferme pourtant en son vignoble un vigneron de très grand talent, bien décidé à produire des vins singuliers au coeur des volcans: Frédéric Gounan, du vignoble de l'Arbre Blanc. Les cuvées 2006 (Vinzelles, Vieilles vignes, Petites Orgues, Grandes Orgues) débarquent enfin, et Christophe nous en dit quelques mots.
Cela durait depuis quelques mois déjà ! Toutes les cuvées 2005 du Vignoble de l'Arbre Blanc étaient épuisées sur le site ! Par ailleurs, Fred Gounan, vigneron-enchanteur laissant parler plus souvent ses vignes et ses vins que lui, qui ne cherche qu’à les « accompagner », était resté silencieux depuis l’été, ayant passé, je l’ai su depuis, un millésime difficile. Car 2008, dans de nombreuses régions et notamment dans les régions Centre et septentrionales (Beaujolais, Bourgogne, etc…) fut un chassé croisé d’incidences climatiques (orages de grêle, pluies diluviennes, gel fatidique (pour les bourgeons de printemps, etc…) néfastes pour la « traditionnelle » véraison des raisins…mais bon, ne retournons pas le couteau dans la plaie, nous en reparlerons en temps voulu !
J’attendais avec impatience la mise en bouteille du millésime 2006 afin de le déguster, car c’est l’un des Domaines les plus singuliers que je connaisse, et les vins sont toujours dotés d’incroyables humeurs tant minérales qu’aromatiques !
Enfin, tout s’est accéléré en quelques semaines et l’équipe d’Ochato est fière de pouvoir vous proposer les superbes cuvées de Fred, sur le terroir exceptionnel de l’un des plus vieux volcans d’Auvergne, le puy de Saint Sandoux, entre la plaine de Limagne et le Parc Naturel des Volcans.
Petit retour aux sources de l’Arbre Blanc, car il faut prendre en compte l’essentiel : 2 ha de vignes environ, un hectare de Gamay d’Auvergne centenaire (cuvée Vieilles Vignes) et de Gamay Beaujolais (cuvée Vinzelle) sur deux parcelles plantées en palissage droit, et un hectare de Pinot Noir (les cuvées Petites Orgues et Grandes Orgues), planté en 2000.
Les parcelles sont réparties sur des coteaux sud-est. La plupart repose sur une terre noire, riche mais peu épaisse, recouvrant de profonds éboulis basaltiques, mais certaines sont également situées sur des sols argilo-calcaire ou grès roses en décomposition (Vinzelle). Inutile de vous dire que le terroir est suffisamment riche en minéraux, tel que le soufre, il n’est pas nécessaire d’en rajouter lors de la vinification du vin !
La vendange est manuelle, récoltée en caisses et, selon le millésime, le raisin sera entier (cuvée Vieilles Vignes) ou partiellement égrappé et systématiquement trié. L’objectif étant de réaliser des rendements entre 20 et 25 hl/ha.
L’un des aspects à ne pas négliger, et qui conforte l’éthique irréversible du vigneron qui prélève plus qu’il ne façonne brutalement l’insinuante alchimie terroir/raisin lors de la mise en bouteille, c’est que l’élevage de ses cuvées se fera en barrique, sans soufre, et très lentement, pendant 18 à 24 mois, période durant laquelle la fermentation malolactique aura lieu.
"Les choses qui se font sans le Temps ne lui résistent pas » comme le rappelle Fred. Et l’on aurait tort de négliger « l’attente » en ce qui concerne ses plus nobles cuvées !
2006 a gagné ses galons qualitatifs et Fred, comme de nombreux autres vignerons, est plutôt content, « le vin me parle bien, et sur toutes les cuvées ! ».
Depuis bientôt trois ans que je fais déguster ses vins, les avis ont toujours eu deux aspects radicalement opposés. Soit l’accueil est enthousiaste au plus haut point, la surprise est totale et l’achat immédiat, soit l’on ne peut apprécier un vin aussi singulier, en terme gustatif, aussi minérale, voire « sulfureux » au sens volcanique du terme, et l’on se dit que l’on réessayera plus tard ! Peu importe, car en ce qui me concerne, je réserve aux plus indécis quelques cuvées d’avenir qui les surprendra à plus d’un titre !
En effet, depuis la première dégustation de ses vins, j’ai toujours eu l’intime conviction qu’ils étaient, comme les volcans des sols dont ils sont issus, en « sommeil ». Nous en avons eu la preuve, Fred et moi, lors d’une série de dégustations sur deux ou trois jours de suite, à Paris, l’année dernière. D’un jour à l’autre, la même cuvée, du même millésime, se « donnait » de manière radicalement différente. En jetant un coup d’œil au calendrier lunaire de Maria Thun, suivi par la plupart des « Biodynamistes », et par Fred, nous nous sommes rendus compte que l’on était passé d’un jour « racine » à un jour « fruit », et que les sensations de dégustation pouvaient elles aussi se résumer à cela !
Que l’on se rassure, mon propos n’est pas de justifier telles ou telles pratiques cultuelles, ou de vous initier aux croyances plus inexplicables qu’inexpliquées, mais de vous sensibiliser à la matière « dynamique et vivante » du vin, qui, comme diraient certains n’est pas « mort parce qu’embouteillé », mais au contraire qui continue, surtout lors des premières années, à s’émanciper, à se nourrir de son propre « sang » !
Alors vous l’aurez compris : cet « Arbre Blanc » cache en ses racines de substantielles ressources issues des terres noires qui l’entretiennent, et si pour certains d’entre vous il rappelle quelques contrées fantastiques (Minas Tirith), sachez que son nom vient tout simplement du fait qu’en cet endroit qu’il représente, s’effleuraient de somptueux pommiers au printemps…le symbole comme la couleur sont restés !
A tous ceux qui viendront s’y abreuver, sachez que ce nectar est rare, et le sera encore plus dans les prochains millésimes !
Christophe Guitard
Les Orgues 2008 m'a épaté ! De la grande musique, assurément !
Rédigé par : Fabrice | 05 mars 2011 à 17:28
Très bon, ça, l'Arbre blanc! Les quelques bouteilles que j'ai eu l'occasion de goûter m'ont totalement emballé!
L'Auvergne, une grande région viticole qui se réveille tout doucement, contrairement à ses volcans!
Rédigé par : olif | 03 janvier 2009 à 16:20