A l'Ouest, du nouveau! Il était temps!
Alors que face à la demande, et pour ne pas avoir l’air de négliger la région Bordelaise, nous avons référencé quelques beaux « châteaux », dont on pourrait penser qu’il n’ont plus rien à prouver (ce qui serait faux), mais dont la notoriété va de paire avec la régularité qualitative des vins qu’ils produisent (tout en restant raisonnablement accessibles); nous allons aussi promouvoir le travail d’un vigneron qui mérite le respect, car il est l’un des rares représentants en Bordeaux à rechercher autre chose que l’estampillage « grand vin de Bordeaux », avec une telle ardeur d’ailleurs, qu’il a lui-même déclaré qu’il « faudrait enlever « Bordeaux » de mes étiquettes pour me faire reconnaitre ! »*
En effet, quelques vignerons, dont on parle peu, se sont efforcés depuis une dizaine d’années de relever le défi de produire un vin de Bordeaux digne de leur « terroir », pour peu que celui-ci ait survécu aux aléas des différents traitements de choc de ces dernières décennies (cf le pamphlet de Claude Bourguignon sur l’état sanitaire des terroirs français). Ce n’est pas aujourd’hui, vous l’aurez compris, que nous choisirons de vous faire découvrir le « renouveau » bordelais en nous référant aux plus prestigieuses « étiquettes », mais plus modestement, nous vous prierons désormais de vous épanchez sur les « contre-étiquettes » qui justifieront, mieux que leurs « saintes » appellations, les multiples qualités que l’on s’accorde à rechercher lorsque l’on veut déguster un « grand » vin : un vin digne de son jus de raisin…issu lui aussi de son « jus de terroir » !
Au Château Sainte-Marie , Stéphane Dupuch a eu l’audace et la volonté de redresser la bannière Bordelaise au sein des appellations "Entre Deux Mers", "Bordeaux supérieur" et "Premières Côtes de Bordeaux". N’allez pas croire que ces trois appellations, qui sont des plus courantes (allez jeter un coup d’œil dans les grandes surfaces !) ne soient à prendre à la légère ici, car Stéphane prouve depuis 1997, année de la reprise du Domaine, qu’il est aujourd’hui au-delà de celles-ci. En partie grâce au travail fourni en viticulture, puisqu’il a planté ces jeunes vignes à 6000 pieds/ha, et dans les chais, en « redescendant » les rendements à des taux plus qu’honorables (en moyenne 38 hl/ha), et parce qu’il maitrise de mieux en mieux au fil des millésimes l’élevage en barriques dont il sait choisir la qualité de provenance et de chauffe avec soin !
Sur des terroirs de graves et de grès ferrugineux (Alios), Stéphane à décider de réévaluer ces sols en allant chercher plus profondément les éléments nutritifs propres à chaque parcelle afin de stigmatiser ses vins et de recréer cette « osmose perdue » dans le Bordelais, entre le vin et son terroir ! L'enherbement entre les rangs favorise la concurrence des différentes variétés, et fortifie la vie microbienne, nécessaire à la régénération et à l’enrichissement du sol. Une autre différence, que l’on constate rapidement en dégustant les vins de Stéphane : ils sont élevés en harmonie avec les futs qui les contiennent et non en déséquilibre, car Stéphane utilise un seul fut neuf sur cinq, pour éviter ainsi un « marquage » trop prononcé, et l’on ne peut que le féliciter…et rapidement commander ses vins afin de juger ! Nous attendons votre avis !
Christophe Guitard
* in Vignerons Rebelles, Jean-Claude Ray, Ellébore éditions, Paris, 2004, page 153
Commentaires